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Armateur |
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Machine |
2 moteurs électriques 225cv 2 chaudiére 15,5 |
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Coordonnées géodésiques |
Shom 190.80.048 |
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(Données extraites de la base de données GRIEME) |
DONNEES
SUPPLEMENTAIRES
1 tube lance-torpilles intérieur
2 appareils
lance-torpilles carcasse extérieure par le travers du kiosque lançant
sur l'avant à 6° de l'axe
2 Appareils
lance-torpilles carcasses extérieures tirant sur l'arriére
à 1° de l'axe
2 appareils
lancement Drzewiecki à pointage variable, réglables
de l'intérieur placés sur pont, défilés derrière
le brise lame
8 torpilles
450 modèle 1904
Autonomie
900 milles en surface et 12 milles en plongée
2 hélices
- Equipage 24 hommes
CROQUIS
HISTORIQUE
Dans la nuit du 29 avril 1918, à 2 h 35, le Prairial sortit en rade du Havre sous les ordres du Lieutenant de vaisseau Le Moullec, ayant à son bord 26 hommes. Une heure plus tard il franchissait la passe du grand barrage en compagnie de son escorteur, le Chasseur II (commandant premier maître Riou). Déjà plusieurs feux rouges et verts sont en vues. Ce sont les bâtiments d'un important convoi qui navigue à grande vitesse. A 3 h 25 , apparaissent les feux d'un transport anglais Tropic, venant de Spithead, convoyé par deux destroyers. De l'escorteur, on a l'impression que le Tropic va passer entre le Prairial et le Chasseur II, ce dernier lance des coups de sifflets pour le mettre en garde. Mais le Prairial sous la houle parait être terriblement dans le sillage du Tropic.
Le Chasseur II manoeuvre aussitôt pour se rapprocher du sous marin qui semble vouloir faire route S.E. et commence à signaler par Scott : "Nous venons de ... ". D'un seul coup toutes les lumières s'éteignent à bord du sous marin, et le message reste inachevé. A ce moment le Chasseur II est à moins de 10 mètres du Prairial, il entend sur la mer crier "Au secours". Il est alors 4 h du matin. Le sous marin a été éperonné par tribord à moins de 5 mètres de l'étrave. Une minute se passe. Le sous marin commence à piquer du nez. Le Chasseur II réussit à sauver 6 hommes, il y a 19 disparus.
Dans les jours qui suivirent, la marée ramena à la cote les corps de quelques uns des infortunés marins. Ce n'est qu'un juin que la mer rendit celui du Commandant Le Moullec, mort à son poste. Le front de mer lui fit de solennelles funérailles. L’endroit ou avait sombré le Prairial fut repéré dans l’après midi du 1er mai, grâce aux énormes bulles de mazout qui s’échappaient de ses soutes qui en renfermaient 8 tonnes.
Le lendemain un scaphandrier
du service de sauvetage, arrivé de Cherbourg, sous les ordres
du commandant de Richet descendit sur l’épave. Le sous marin
reposait droit sur le fond et ne paraissait pas sérieusement endommagé
.
Le scaphandrier eut un instant
d’extrême émotion lorsqu’il aperçut par le panneau
ouvert du kiosque un marin cramponné si fortement à l’échelle
qu’il lui fut impossible de le dégager pour le ramener en surface.
Le 5 mai l’épave du
Prairial
signalée par une bouée fut bombardé par un dirigeable
du Havre qui avait confondu le sillage de la bouée avec celui
d’un sous marin ennemi. Des patrouilleurs qui se trouvaient à proximité
accoururent et, à leur tour, lancèrent des grenades qui provoquèrent
de nouveaux dégagements de mazout, puis on reconnut la méprise
en identifiant la bouée.
Un scaphandrier de nouveau descendu sur le Prairial constata que les grenades venaient d’en démolir l’arrière et que le sous- marin s’était couché à 45° par tribord sur ses torpilles chargées, prêtes à tirer. Il fallut renoncer à toute tentative de relevage qui, dit un rapport officiel, ne présentait plus qu’un intérêt d’ordre moral .
Beaucoup plus tard l'épave
reçu la visite des plongeurs de la Marine Nationale qui n’hésitèrent
pas à poser une charge sur les arbres arrières pour récupérer
les deux hélices en bronzes. Ces hélices seraient dans le
bureau d'un commandant à Cherbourg.
Pendant la guerre 1914-1918
les sous marins français étaient 40 en ligne. Quatorze sont
restés au fond de l’eau : Curie, Monge, Cirçé,
Bernouilli, Foucault, Fresnel dans l’Adriatique ; Saphir, Joule, Mariotte,
Turqoise aux Dardanelles ; Floréal dans la Mer Egée ; Ariane
devant Bizerte ; Diane dans l’Atlantique et Prairial dans la Manche.
Ces machines déplaçaient
400 tonnes. Ils étaient du type Brumaire à moteur
diesel ou du type Pluviose à vapeur.
Les moteurs des Brumaires
n’étaient pas au point, mais les bateaux de ce modèle plongeaient
relativement vite : 5 minutes quand tout allait bien.
Les Pluvioses, plus anciens et plus robustes, avaient des machines sûres, mais il leur fallait au moins dix minutes pour avaler leur cheminée et disparaître. Ils avaient les uns et les autres des coques merveilleuses, ces coques dessinées par Laubeuf, copié par toutes les marines, et dont l’Allemagne avait volé les plans.
Coques mises à part,
ils constituaient des bateaux étranges, où tous les problèmes
de la navigation sur l ’eau et en dessous avaient été
résolus avec une élégante ingéniosité
et, d’ailleurs, aux dépens des qualités militaires...
En surface, par mauvais temps,
la mer démolissait leur gouvernail de plongée placés
trop haut. Leurs appareils lance-torpilles étaient installés
sur le pont, à l’extérieur, exposant les torpilles aux chocs
des lames et aux pressions des plongées profondes.
Leurs périscopes étaient d’une clarté médiocre, d’un grossissement insuffisant, d’une étanchéité précaire. Leur vitesse en immersion était trop faible, leur rayon d’action aussi, surtout pour les Pluvioses. Leurs complications intérieures étonnaient les anglais .
Ces engins ont quand même, fait la guerre, grâce aux chefs d’élite et aux équipages de fer qui les servaient. Entre deux randonnées, on essayait de les mettre au point tant bien que mal.

Le Prairial faisait partie
des 18 submersibles à double coque, type Pluviose, de plans
Laubeuf
du programme 1905 ordonné le 26 Août 1905. Son numéro
marine nationale était le Q55.
Outre le Prairial, la
série comprenait le Pluviose, Germinal, Thermidor, Vendémiére,
Fresnel, Ventose, Floréal, Messidor, Fructidor, Papin, Berthelot,
Monge, Gay Lussac, Cugnot, Ampére, Watt, Giffard.
Il fut mis en chantier le 26
Septembre 1905 à Cherbourg.
Il déplaçait
398 tonnes en surface et 550 tonnes en plongée
Ses dimensions étaient
de 51,12 x 4,97 x 3,04 m .
Sa motorisation était
la suivante :
2 chaudières du Temple
tarée à 15,5 kg/cm .
2 alternateurs de 350
CV.
2 moteurs électrique
de 225 CV propulsant 2 hélices.
Sa vitesse était de
12 noeuds en surface et 8 noeuds en plongée.
Son autonomie était
de 900 milles en surface et 12 milles en plongée. Son équipage
se composait de 24 hommes.
Son armement se composait de
:
-1
tube lance torpille intérieur
- 2 appareils
lance torpilles carcasses extérieurs par le travers du kiosque
lançant sur l’avant à 6° de l’axe
- 2 appareils
lance torpilles carcasses extérieurs tirant sur l’arrière
à 1° de l’axe
- 2 appareils
lancement Drzewiecki à pointage variable réglables
de l’intérieur placés sur pont, défilés derrière
le brise lame
- 8 torpilles
450 modèle 1904
Finalement suite à l’accident du Fresnel, on renonce au tube d’étrave qui n’existera que sur les Ventoses, Germinal, Floréal et Prairial.
Les sous marins non perdus par fait de guerre seront désarmés en 1919.
ACCES PLONGEE
L'épave repose à
7,8 milles dans le 301° de l'entrée du port du Havre .
Sa position G.P.S. corrigée
est 49° 32' 81" N et 00° 05' 31" O.
Elle se trouve sur un fond
de sable ou se trouve un peu de vase. La profondeur moyenne est de 23 m
en basse mer.
De par son éloignement,
il faut attendre une météo excellente avec un vent n’excède
pas 10 noeuds, ainsi qu'un petit coefficient de marée. Il sera préférable
pour la visibilité et la profondeur de plonger à marée
basse. On se trouve à cet endroit assez éloigné des
rejets de l’estuaire de la Seine et parfois on peut espérer
une visibilité se rapprochant des 10 mètres avec une eau
d’une belle couleur verte, la plongée devient alors sublime.
DEROULEMENT DE LA
PLONGEE
Le fichier du SHOM indique
:
- épave
retournée, coque en bon état
- Déchirure
sur l’arrière bâbord
- Nature
du point haut est la quille
- Hauteur
au dessus du fond 4,7 m
L'épave est orientée
Nord Sud, la proue vers le Nord. Elle semble mesurer environ 40 mètres
pour une largeur d'environ 5 m et une hauteur moyenne de 2 mètres
avec des pointes à 4 mètres.
Elle est entièrement
retournée. L'impact de l'abordage sur l'avant bâbord avec
le transport Tropic est clairement visible ; à cet endroit la coque
est écroulée. Vers les deux tiers du sous marin on peut observer
le kiosque détaché de la coque qui gît ouvert sur le
fond coté bâbord.
En arrivant sur la poupe on constate l'absence d'hélices, on peut observer une grosse dérive sur le milieu de la quille, ainsi que deux dérives latérales. L’arrière est écroulée et on reconnaît mal la forme générale de la poupe. Sur la proue un morceau de chalut est collé à la coque ainsi que les grosses pièces du chalut, l'ensemble ne présente aucun danger. L'épave par elle même ne présente aucun danger, la pénétration est impossible. C'est une épave très poissonneuse : tacaud, vielles, gros homards , congres, araignées.
Sur l’arrière on peut
noter la présence d’un nombre très important de batteries
.
Le jour de la visite l'eau
semblait marron en surface, mais s'éclaircissait passé les
premiers mètres. Au fond il faisait sombre mais avec un phare la
visibilité était de l'ordre de 5 mètres dans une eau
d'une belle couleur verte.
Le coté bâbords
semble assez bien protégé du courant qui s'oriente sensiblement
Ouest Est au montant.
C'est une plongée rare,
en effet il n'y a pas ou peu d'épave connues de sous marins français
sur les côtes françaises, un des rares exemples l'Alose
ayant été renfloué il y a 20 ans par la Comex
sur les côtes méditerranéennes.
D’aprés une information
d’un plongeur de C.A.P. informatique, les deux hélices, le périscope
et le sextant ont été remontés par les plongeurs de
la marine nationale en 1990 et 1991.
ATMOSPHERE ET IMPRESSION
DE PLONGEUR
Par Michel TORCHE
- GRIEME.

Le 30 octobre 1988, par une
belle journée d’automne, nous embarquons sur le bateau de Jean Luc
amarré au bassin du Roy au Havre. La mer est belle,
et nous nous éloignons rapidement vers le large laissant par tribord
arrière le Cap de la Hève.
Jean Luc, à l’aide de
son positionneur Decca, nous emmène plonger sur une épave
de son répertoire dont il garde jalousement le secret... Même
12 ans après !
Abel et moi, ainsi que 2 autres
copains allons plonger sur un sous-marin dont il nous en raconte l’histoire
tout en faisant route.
Au points du Decca, à
peine le temps de mouiller une cathode que déjà le sondeur
du bateau qui file sur son erre détecte l’épave. Demi-tour
pour reprendre la route, l’orientation du courant et préparer à
mouiller l’ancre... Ce qui fût fait rondement.
La visibilité est bonne,
car l’on aperçoit le bout du mouillage qui descend vers les profondeurs
sur au moins 5 mètres. Je fais équipe avec Abel, et descendons
rapidement. A 25 mètres, nous atterrissons sur le sable, auprès
de l’ancre qui se trouve à une dizaine de mètres de la masse
sombre de l’épave.
Nous l’empoignons et la traînons
jusqu’à la carcasse afin d’assurer le mouillage. Gros efforts, car
le bateau n’est pas un Zodiac, et la progression se fait
par à coup, en piochant l’ancre au fur et à mesure de notre
avnacée. Enfin nous y parvenons ! Maintenant la joie de la découverte
s’offre à nos efforts.
Nous commençons notre plongée par longer la coque sur quelques mètres et remontons parmi les débris sur l’épave. Effectivement, ce cylindre semble bien être un sous-marin et la visi est bonne. Nous apercevons de part et d’autre des arbres de renvoi d’angle et leurs pignons en bronze, des vannes de bonne taille et l’enveloppe externe déchiquetée qui laisse entrevoir la coque de base de celui-ci. Plus loin nous arrivons sur le kiosque dont l’accès nous est vraiment trop étroit en regard de nôtre équipement et par ailleurs une superbe Dame Bleue s’y trouve et monte la garde ! Nous l’obligeons à réintégrer ses pénates en la suivant de nos lampes jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans le noir profond des entrailles du submersible.
Nous reprenons notre progression de nouveau sur ce qui nous semble être un pont avec ses alvéoles verticales à tribord et à bâbord qui diminuent de taille en allant vers le nez de l’épave. Nous tombons sur le « trépied » avant tel que l’on peut le voir sur les photos ou dans les films de guerre.....Déjà 20 minutes de passé sur l’épave et nous retournons vers le mouillage que nous atteignons 10 minutes plus tard. Nous entamons la remontée, des images pleins les yeux et pressé d’en discuter sur le pont qui nous attends à la surface, avec le saucisson et de quoi se rincer les amygdales !
De retour sur le bateau, chacun de nous narre sa plongée, l’un a vu une torpille échouée sur le sable par bâbord et l’autre n’a pas trouvé les hélices quand ils ont parcouru l’arrière de l’épave. Jean Luc nous précise que des « ferrailleurs » de la côte ont fait explosé l’arrière, l’année précédente, afin de récupérer celles-ci qui étaient toutes en bronze.
9 ans plus tard , avec l’évolution du matériel et surtout le G.P.S. , nous repartons avec nos "Zodiacs", plonger plusieurs fois sur le sous-marin « Q55 »- le PRAIRIAL, après avoir retrouvé son histoire dans un livre de la bibliothèque municipale du Havre, ainsi que les traces d’un sous-marin Anglais , le «D3», coulé accidentellement quelques mois auparavant à 20 milles dans le N.O. de Fécamp. La meilleur période, si l’on ne veut pas plongée de nuit, se situe toujours en fin d’année.
Le 27 septembre 1997, dans des
conditions exceptionnelles (année exceptionnelle !), par une visi
de 15 mètres sans particules, l’épave du PRAIRIAL
nous est apparue dans son ensemble, en large et en travers, reposant sur
le sable par 27 mètres comme un gros saucisson, dépouillée.
Adieu mes premières
images, plus de trépied mais un quadripode, plus de kiosque, plus
de vannes ni de renvoi de commande mais une superbe barre de commande d’assiette,
plus de double coque et toujours pas d’hélices !
Est-ce le même sous-marin que nous avons plongé auparavant ? Même Abel n’en n’a pas le même souvenir. Si celui-ci est le PRAIRIAL, l’autre ne serait-il pas le sous-marin allemand bombardé par un dirigeable français de surveillance peu de temps après, à proximité ?
Mystère sur ce qui s’avére officiellement être la bouée de repérage du PRAIRIAL... La part du rêve... Pourquoi pas ?
Il me reste une aquarelle issue de cette plongée inoubliable, parmi tant d’autres ,et qui est parue, avec l’histoire de ce submersible à vapeur français de la première guerre mondiale, dans la revue Océans.
Récit de Michel TORCHE
Retrouvez le "PRAIRIAL"
dans "La Saga des Epaves de la Côte d'Albatre",
édité par le GRIEME,
En vente par correspondance
sur notre site internet.