U.J.
1433
Sources
: SAGA DES EPAVES DE LA COTE D'ALBATRE
Vu
dans OCEANS Spécial Collector
Hors-Série n°1/2001
40
EPAVES DES COTES FRANCAISES
Mise
à jour septembre 2007
Chasseur de sous-marin
de nationalité allemande
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Constructeur
- Chantier naval
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Chantiers de Rendsburg
- Allemagne
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Classe
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K.U.-J9
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Année
de construction et mise à l'eau
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le12
août 1943
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Sisters
Ship/Navire similaire
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Chasseur
de sous-marin
de la
série des KU.J 1 à 6
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Tonneaux
en jauge international
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542
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Déplacement
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970 t
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Longeur
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58,70
m
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Largeur
|
8,44 m
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Tirant
d'eau
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4,4 m
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Vitesse
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12, 8 noeuds
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Chaudières
|
Non renseigné
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Motorisation
- Machine
|
Non renseigné
|
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Armement
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1 canon Sk 88 mm -1 canon
Skc 37 mm
9 canons de 20 mm - 6 mitrailleuses
de 120 mm
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Date du naufrage
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27 au 28 août 1944
à 23 h 55
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Circonstances naufrage
|
Combat naval avec
Combattante et les M.T.B. (Motor Torpedo Boat) britanniques
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Positionnement
Coordonnées géodésiques
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Longitude : 00° 14'
707 E
Latitude :
49° 44' 386 N
|
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Profondeur de l'épave
|
Entre 20 m et 25 mètres
en fonction des coefficients de marée.
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HISTOIRE - RECITS....
A PROPOS DE l'U.J. 1433
Face à l’église de
Bénouville, à environ 4,5 miles à l’ouest du
port de Fécamp, sur un fond d’environ 20 à 25 m selon
les marées, l’ U.J. 1433 est certainement une des épaves
les plus fréquentées par les plongeurs des clubs hauts-normands.
Couché sur tribord dans
le sens sud-nord, ce chasseur de sous-marins avec son bras articulé
sur la proue et son canon de 88 mm à l’avant est probablement l’une
des épaves les mieux conservées de la seconde guerre mondiale.
L’hélice tripale de 3,5
mètres de diamètre est toujours en place, tout comme le gouvernail.
Certaines cales sont encore accessibles et la faune s’y abrite dans les
moindres recoins. Congres, homards, bars y sont de tailles respectables
et un impressionnant banc de tacauds veille sur le site.
Ce chasseur de sous-marins allemand
est sorti des chantiers de Rendsburg le 12 août 1943 sous
le nom de K.U.J.9 .
Le 18 janvier 1944, il est
rebaptisé U.J. 1433 (33 ème unité de la 14
ème flotte)
Long de près de 59 mètres,
large de 8,44 m, avec soixante et un hommes d’équipage à
son bord, sa mission première était la traque des sous-marins
ennemis. Mais il pouvait également escorter des convois pour déminer
la route, ce qui est la raison d’être du bras articulé disposé
à l’avant du navire
LE NAUFRAGE
Pour la nuit du 27 août,
la Kriesgmarine prévoyait le repli du Havre sur Dieppe
des dragueurs et des chasseurs de sous marins escortés par la 14
ème flottille de dragueurs. En fait, 7 dragueurs et les chasseurs
U.J. 1431 et U.J. 1433 appareillèrent le 27 août
au soir.
Cette même nuit, La
Combattante et le H.M.S. Tornborough se trouvent dans les
parages du Cap d’ Antifer avec les groupes Dixon ( Motor
Torpedo Boat 450 et 482), Marshall (M.T.B. 693, 695 et 692) et Laing
(M.T.B. 253 et 257), les groupes Marshall et Laing opérant
plus à l’est au large de Fécamp.
Le convoi allemand est repéré
entre Antifer et Etretat à 23 h 38. Les anglais pensent
avoir à faire à deux caboteurs, trois chalutiers armés
et quelques dragueurs (il faut savoir que les deux nuits précédentes,
les escarmouches entre la flotte allié et les navires allemands
battaient leur plein).
A 23 h 40, La
Combattante reçoit du Tornborough l’ordre de se placer,
pour faire diversion, sur l’arrière de son travers pendant que les
M.T.B. du groupe Dixon attaqueront à la torpille.
A 23 h 45, La
Combattante a le contact radar, au moment où les navires
ennemis et les batteries côtières ouvrent le feu contre elle.
Elle distingue quatre chalutiers armés en ligne de file ; l’éclairage
est gêné par un banc de brume le long de la côte.
Le Headhache signale
la présence de cinq ou six dragueurs. Il s’agit en fait de la 14
ème flottille de mouilleurs de mines qui viennent de mouiller
aux abords du Havre et qui regagne Fécamp en compagnie
de deux chasseurs de sous-marins (journal de la S.K.L. en date du
28 août 1944).
La Combattanteest
éclairée par la lune et l’ennemi tire sur elle avec beaucoup
de précision. Toutefois, la première salve du torpilleur
fait but sur le chalutier de queue, qui, continuellement touché
pendant une minute, se retrouve bientôt en flamme. Il brûle
de l’avant à l’arrière quand la combattante change d’objectif.
Les M.T.B. britanniques, après
quatre tentatives, ont pu lancer leurs torpilles (cinq en tout) d’une distance
de 1400 yards sur les deux caboteurs, mais elles se dérobent en
faisant route sur La Combattante, ce qui
entraîne une certaine confusion. Un abordage est évité
à la dernière minute mais le tir ennemi se concentre sur
le torpilleur français et il est d’une redoutable intensité.
(La fin de l'U.J. 1433
"accroché" par La Combattante)
Tableau Bernard Bernadac
- Reproduction Interdite sans autorisation
Le radar 271 de La
Combattante est rendu inutilisable par un coup de l’ennemi (tiré
soit par une batterie côtière, soit par un des bâtiments
allemands). Le radar 285 ( du même navire) tombe alors en panne et
le tir de La Combattante perdant de sa précision,
le bâtiment rompt le combat vers 00 h 03 le 28 août : il est
encadré par les obus de la batterie de côte jusqu’à
00 h 15.
La victime de La
Combattante était le chasseur U.J. 1433 qui coula
dans la position connue à ce jour à 2, 5 miles de la côte,
face à Bénouville par 49° 44’ 386 " N et 00°
14’ 707 " E.
L’U.J. 1431, endommagé
, fût remorqué jusqu’à Fécamp par les
dragueurs, de même que le dragueur R 231 qui était
hors de combat et que ses sectionnaires vinrent rechercher après
avoir mis le U.J. 1431 en sécurité.
51 ANS D'ANONYMAT
Depuis lors le navire était
bien connu des plongeurs de la région. Si la vaisselle a l’effigie
du III ème reich trouvée à bord ne laissait aucun
doute sur sa nationalité, le nom du navire demeurait une énigme.
Il faudra les relevés précis : longueur, largeur, nombre
de hublots, dimension du canon et croquis réalisé en plongée
par la commission archéologique départementale de la Seine
Maritime pour qu’un correspondant allemand identifie formellement le
bateau en 1995 en compulsant les archives de la Kriesgmarine.
RECITS DE PLONGEE
- IMPRESSION (Yvon CHARTIER - G.R.I.E.M.E.)
L’UJ
1433, c’est pour moi l’épave qui a tout déclenché
!
Mes premières
bulles remontes à 1975, année ou je faisais mon service militaire
aux Antilles. Cette année là, un certain Jacques Yves
Cousteau découvrait, en baie de St Pierre (Martinique),
les épaves du volcan coulées le 8 mai 1902 par l’éruption
de la montagne Pelée.
Pas de
diplômes, peu de pratique (si ce n’est en apnée), une eau
turquoise et l’envie de découvrir ce monde féerique, plein
de couleurs et de vie. L’occasion se présente un jour, et une bouteille
sur le dos, c’est partie pour l’aventure !
Seize années
se passent, et un beau jour de 1991, une sortie club sur notre côte
de la Manche me fait découvrir la plongée sur épaves..
Il est
vrai que découvrir une épave que l’on distingue dans son
intégralité comme en Méditerranée ou
en mer tropicale n’a rien de comparable à une plongée en
Manche, surtout quand cette dernière se déroule en
mars et que la température de l’eau n’excède pas 7°.
Cette épave en occurrence ne portait pas de nom.
On la
connaissait bien comme «Le chalutier
armé», ou encore «Epave
de Bénouville», mais pas
grand chose de plus. Une seule quasi certitude, elle était allemande.
Divers objets remontés au fil des années par les plongeurs
du département laissaient à penser qu’il s’agissait bien
d’un bateau de guerre allemand. Par contre, pas de nom, pas de date. Rien
de probant !
Cette
première plongée épave fût pour moi un déclic.
Un collègue du club connaissant bien le site me la fît découvrir
dans sa presque intégralité. La visibilité n’excédait
pas 5 à 6 m, et nous avancions prudemment sur le bâbord de
la structure bien déchirée par le temps. La faune était
abondante et l’on pouvait apercevoir de ci de là de superbes bars
tournoyants dans les structures déformées du navire. Les
tacauds, poissons très commun en Manche, accompagnaient tous
nos déplacements et suivaient nos bulles. Les congres que l’on ne
pouvait voir dans leur intégralité, à cause des structures
déformées, laissaient entrevoir tantôt leur tête,
tantôt leur queue. Les homards quand à eux se montraient que
très peu, mais leur taille laissait rêveur.
La coque
bien intacte sur les trois quarts du navire laissait apparaître une
déchirure sur le tribord arrière, endroit presque certain
de l’impact qui causa la perte du navire. Quelques mètres plus loin,
une superbe hélice tripale d’une taille respectable me faisait dire
que ce navire (au vue de ce que nous avions parcourus et de la taille de
cette hélice) que nous étions sur une épave d’une
bonne cinquantaine de mètres. Continuant notre périple, nous
trouvions l’avant sans difficultés et là, oh surprise,
un superbe canon d’un diamètre imposant pointait vers le ciel. La
proue n’était pas loin, et une particularité attirait mon
attention.
Un bras
articulé relié à la coque du navire plongeait vers
l’avant de ce dernier. Nous étions au sable par - 22m et le canon
pointait la surface avec -14 m lus au profondimètre lorsque nous
étions à son extrémité.
Mais le
temps qu’il nous restait était compté. Cela faisait maintenant
40 minutes que nous étions au fond, et il fallait regagner la surface.
Je remontais émerveillé par cette épave, et quelque
part un peu déçu de ne pas connaître son nom et son
histoire. Mais cela ne dura pas longtemps.
Les observations
faites après 3 ou 4 plongées me permirent de dessiner cette
épave.

J’appris
à la même époque qu’une commission archéologique
venait de se créer à l’initiative de François MATHIEU,
à l'époque président du club de Cany Barville
, le C.S.C. (Club Subaquatique Canyçais)
et que ce dernier détenait des renseignements sur certaines épaves.
Le contact était rapidement établit, mais rien sur ce navire
de plus que ce que l’on savait à l’époque, c’est à
dire pas grand chose !
Il me
proposait d’envoyer l’esquisse faites du navire, ainsi que les dimensions
longueur, largeur, diamètre d’hélice et du canon que nous
envoyons en Allemagne chez un correspondant.
La réponse
ne se fît pas attendre longtemps.Un mois plus tard, le nom d’un navire
perdue par la KRIESGMARINE nous parvenait : il s’agissait de l’U.J.
1433, un chasseur de sous marin coulé le 28 août 1944
lors d’un combat naval avec les forces alliées et le destroyer LA
COMBATTANTE.
Une
passion venait de naître pour moi : Les épaves et leurs mystères
!
AMERS - CONDITIONS DE PLONGEES - INFOS DIVERSES
Une
récente plongée sur l'UJ1433 (fin juillet 2001) a mis en
évidence que l'intérieur de l'épave est en train de
se dégrader fortement. Nous vous conseillons la plus grande prudence
si vous entrez à l'intérieur de l'UJ1433.
Le
canon est tombé coté tribord.
***
Amers au nombre de trois
Le premier, le plus marquant, celui
alignant la maison entièrement blanche de la valleuse de Vaucottes,
à la falaise ouest. Il faut que cette maison, voisine d'une autre
au toit rouge, ressorte de la valleuse en étant allignée
avec l'applomb de la falaise. En faisant route tout en gardant cet alignement,
on coupe l'épave dans sa longueur.
Accès plongée
Le port de Fécamp
paraît être le plus approprié à partir du moment
où l'on possède une embarcation type "Zodiac".
Yport pour les embarcations"légères"
peut aussi convenir pour la mise à l'eau.
Condition de plongée
La Manche ne pardonne pas
l'erreur. Il est impératif de plonger dans les temps d'étale.
Les vents ne doivent pas excéder force 4/5 pour ne pas rendre la
plongée périlleuse.
La plongée
Cette épave est, à
n'en pas douter, la plus plongée de la côte normande .Connue
de tous les clubs, cette plongée reste sûrement une des plus
sympatiques de notre littoral.
Repères bibliographiques
Retrouvez "l'U.J. 1433"
dans "La Saga des Epaves de la Côte d'Albatre",
édité par le G.R.I.E.M.E.,
en vente par correspondance sur notre site internet.
Cartographie - SHOM n°
6765
Abords des ports d'Antifer
et de Fécamp.
Avec qui plonger sur cette
épave ?
A cejour, deux clubs dans le département
ouvrent leurs portes aux plongeurs extérieurs :
- le S.V.P.C.A.
basé à St Valéry en Caux avec une unité
Alu. de 14 plongeurs.
Pour tout renseignement contacter le 02.35.97.80.76.
- le C.S.R.
(Club Subaquatique Rouennais) basé à
Fécamp avec une unité Alu. de 25 plongeurs.
Pour tout renseignement contacter le 02.35.98.10.11.
Caisson hyperbare le plus
proche.
Il se situe au Havre à
l’hôpital Jacques MONOD